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2017. Three Royal Oak 15202 watches Date. Calibre 2121. Blue and gold-toned Petite Tapisserie dials, AP monogram at 6 o'clock. Models presented to mark the 40th anniversary of the introduction of gold in the Royal Oak collection. Steel and 18-carat yellow gold. Picture taken at the SIHH (Salon International de la Haute Horlogerie, Geneva) in 2017. Audemars Piguet Archives.
Article

Les Royal Oak « Jumbo »

Introduction
La Royal Oak de 1972 et ses descendantes extraplates 39 mm sont souvent surnommées « Jumbo », en raison de leur diamètre considéré à l’époque comme surdimensionné. Cet article revient sur l’origine de cette appellation choisie par le monde des collectionneurs. Il s’interroge sur la notion de taille en horlogerie et évoque la miniaturisation des Royal Oak classiques entre 1977 et 2005. Enfin, il détaille les différentes générations de Royal Oak « Jumbo » postérieures au modèle 5402 (1972), en particulier les modèles 14802 (1992), 15002 (1996), 15202 (2000) et 16202 (2022).

Le terme « Jumbo » trouve son origine dans le langage populaire de l’Angleterre du début du XIXe siècle, pour désigner un animal ou une personne « maladroite et de grande taille ». Il sera popularisé en désignant tour à tour vers 1880 le célèbre éléphant du zoo de Londres puis le nouvel avion géant Boeing 747 dit « Jumbo jet » en 1969. Peu à peu, le monde horloger adopte le terme pour qualifier toute montre surdimensionnée. Une catégorie dans laquelle s’inscrit, en dépit de son extrême finesse, la Royal Oak de 1972 avec son diamètre de 39 mm. Les années qui suivent son lancement voient pourtant rétrécir la Royal Oak, tant pour les modèles masculins – 35 et 36 mm deviennent la norme durant un quart de siècle –, que pour les modèles féminins – 29, puis 30, puis 26 et même 20 mm. C’est dans ce contexte que l’appellation Royal Oak « Jumbo » se fige définitivement pour qualifier les modèles 39 mm extraplats. Les dimensions repartent à la hausse dans les années 1990. Emblématique de cette époque, la Royal Oak Offshore et ses 42 mm entraîne, à partir de 1993, toute l’industrie horlogère dans son sillage, initiant une tendance qui va littéralement faire exploser le diamètre des montres. La Royal Oak classique ne fait pas exception à la règle, sa taille moyenne passant de 36 mm à 39 mm en 2005, puis à 41 mm en 2012. Au sein de ce qui est devenu une collection riche de centaines de modèles, la Royal Oak « Jumbo » reste une variante rare et à part. Réinterprétée une première fois en 1992 (modèle 14802), elle fait ensuite l’objet de quelques autres éditions très limitées, souvent squelettées. Menacée de disparition, elle bénéficie en 2000 d’une véritable cure de jouvence avec le lancement le modèle 15202. Sa refonte en 2012 marque le début de sa consécration. Désormais seule Royal Oak de 39 mm en collection, sa demande et sa production explosent, tandis qu’elle devient l’une des montres les plus recherchées au monde. Le remplacement, pour son 50ème anniversaire, du mythique Calibre 2121 par le plus performant 7121, la projette dans un avenir prometteur.

Résumé

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Jumbo, de l’éléphant à l’avion puis à la montre

Si le terme « Jumbo » a conservé une connotation informelle, c’est parce que son origine est populaire. En 1823, le mot apparaît pour la première fois dans un dictionnaire londonien d’argot. Il y signifie qu’une chose, un animal ou une personne est à la fois « de grande taille et confus » (« une personne, un animal ou une chose de grande taille et maladroite »). Le terme commence à entrer dans le langage courant à la fin du XIXe siècle, grâce à l’éléphant géant baptisé « Jumbo » et dont la célébrité traverse frontières et continents. Lorsqu’en 1969, l’avionneur Boeing présente son modèle surdimensionné 747, il est immédiatement surnommé « Jumbo Jet », tant ses proportions sont gigantesques. Dès lors, le terme connaît un regain de popularité.

La presse horlogère n’utilise le terme « Jumbo » que très rarement avant 1970. Dans le magazine Europa Star, il apparaît dès 1974 : de petites marques aujourd’hui disparues (Amida, Cattin, Ufo, Nice Time Watch Trading & Co, Ebohr…) l’utilisent pour nommer leurs créations aux proportions les plus généreuses. Si, à leur sortie, la presse n’associe pas encore ce qualificatif à la Royal Oak ou à la Nautilus – les montres « Jumbo » les plus célèbres aujourd’hui -, c’est que cette appellation n’est à l’époque qu’un surnom utilisé par les initiés.

La seule occurrence du terme découverte dans les archives Audemars Piguet avant les années 1990 provient d’une petite publication du distributeur asiatique Desco qui présente la Royal Oak en 1973. L’expression « Jumbo Size » y figure, évoquant la dimension exceptionnelle d’un exemplaire destiné à un sumo, dont le poignet exige un bracelet long de 25 centimètres! 

Depuis le début du XXI e siècle, l’adjectif « Jumbo » s’est si largement imposé qu’il qualifie toute montre surdimensionnées par rapport aux critères de son époque. Ainsi une montre des années 1940 de 36 mm peut être dénommée « Jumbo » même si, selon les critères du XXIe siècle, elle est sous-dimensionnée. Il en va de même de la Royal Oak « Jumbo » : en 1972, 39 mm était une taille hors norme.

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La conquête de la miniaturisation en horlogerie

En horlogerie, la perception des tailles est éminemment subjective, personnelle et surtout culturelle. L’état des techniques joue également un rôle. Revenons ici sur les grandes étapes de cette évolution.

L’histoire de l’horlogerie, et plus généralement, l’histoire des techniques peut être lue sous l’angle de la miniaturisation. Ainsi, certaines horloges de clocher occupent dès le XVe siècle une tour entière, construite pour elles-seules. À mesure de la réduction de la dimension des mécanismes, les horloges entrent dans les intérieurs des maisons : châteaux, palais, puis bâtisses bourgeoises. Elles sont d’abord fixées aux murs, en hauteur pour laisser de l’espace aux poids qui entrainent leur mécanisme. Peu à peu, elles sont réduites pour devenir des pendules de table. Dès le XVIe siècle, elles peuvent être portées, soit autour du cou, à la ceinture ou dans la poche.

Lorsque la montre-bracelet s’impose dans les années 1920-30, la miniaturisation des mouvements mécaniques a atteint son stade ultime. Les composants en laiton et en acier ne peuvent être réduits davantage sans menacer la fiabilité des garde-temps. En effet, chaque fois que les dimensions d’un mouvement sont réduites, les tolérances de précision de ses composants diminuent de manière exponentielle. La moindre imprécision est fatale au mécanisme. En 1927, Audemars Piguet est passé maître en la matière, créant le mouvement mécanique le plus petit du monde : le Calibre 5/7BF mesure 15,9 mm x 5,8 mm.

Arrivé à leur point extrême de miniaturisation, les montres-bracelets engagent alors un processus inverse. Décennie après décennie, leurs dimensions s’étoffent pour devenir de plus en plus généreuses. Dans les années 1920, chez Audemars Piguet comme dans le monde horloger en général, les mensurations des montres-bracelets masculines sont presque toujours inférieures à 30 mm de diamètre. Il faut attendre la seconde moitié des années 1930 pour voir apparaître des montres d’un diamètre supérieur à 32 mm et ce n’est que dans les années 1950 que les montres de plus de 35 mm commencent à s’imposer. Cette évolution s’explique notamment par le développement des montres automatiques, dont le mécanisme a besoin de plus de place, mais aussi par le contexte socio-économique. L’accélération des activités, des déplacements et des modes de vie requiert une meilleure ergonomie et la lisibilité de l’heure impose une dimension de cadran plus grande qu’auparavant.

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5402 : le Calibre 2121 impose une boîte surdimensionnée à la première Royal Oak

Dans les années 1970, la dimension moyenne des montres pour hommes se situe aux environs de 35-36 mm, même si la tendance des montres sportives, en particulier de plongée, tend à imposer des mensurations plus généreuses. Ne citons que la Rolex Daytona (37 mm), la Monaco de Tag Heuer en 1969 (38 mm), la Memovox Polaris II de Jaeger-LeCoultre en 1970 (41 mm).

Avec ses 39 mm, la Royal Oak 5402 est la première montre Audemars Piguet fabriquée en série et appartenant à la catégorie des montres surdimensionnées. Contrairement aux autres montres d’un diamètre similaire, elle conserve une boîte très fine (env. 7,15 mm de hauteur totale). C’est d’ailleurs le contraste entre cette extrême finesse et son diamètre généreux qui font d’elle la montre sport-chic ultime. Son Calibre 2121 est alors le mouvement à remontage automatique avec indication de date le plus plat du monde (3,05 mm).

Il est probable que Gérald Genta ait souhaité offrir un diamètre imposant à la Royal Oak, mais aucun de ses témoignages postérieurs ne le mentionne explicitement. En fait, c’est le diamètre relativement important du calibre (28 mm),  couplé à l’architecture hors norme de la boîte qui ont imposés de telles mensurations. Les 8 vis-écrous à têtes hexagonales qui ponctuent la lunette traversent la totalité de la boîte monocoque et le joint d’étanchéité surdimensionné. Comme il aurait été impossible de les faire traverser le mouvement mécanique, les horlogers les ont donc placées en périphérie de ce dernier. La taille est donc née de la fonction.

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Quand la Royal Oak rétrécit…

Dès la seconde moitié des années 1970, la Royal Oak devient une collection. À la demande des marchés, Audemars Piguet crée des versions plus petites. Dessiné par Jacqueline Dimier en 1976, le modèle féminin 8638 ne mesure que 29 mm de diamètre. Dès 1980, il est suivi par de nombreux modèles pour dames d’un diamètre de 30 mm (6008, 4587, 14470, etc.) et même de 26 mm (6010, 6012, 6007, etc.). Cette miniaturisation atteint ses limites en 1997 avec la famille des Mini Royal Oak, d’un diamètre de 20 mm (67075, 67076, 67287, etc.), créées notamment pour le marché japonais.

Les modèles masculins eux-mêmes rétrécissent. Présentée en 1977, la Royal Oak 4100 mesure 35 mm de diamètre et établit une nouvelle norme. Durant six ans, tous les nouveaux modèles masculins mécaniques arborent ce diamètre (4120, 4153, 4331) mais aussi certains quartz (6023, 6036, 6037, etc.). En 1983, les lignes bougent légèrement. La dimension de 35 mm perdure dans de rares modèles (14544 en 1987; 14486, 14567, 14575, 14674 en 1990), mais le nouveau standard se stabilise pour deux décennies à 36 mm.

L’enfant terrible s’est assagi. La Royal Oak n’est plus ni surdimensionnée ni exclusivement en acier. Elle existe en or, en versions serties, etc. Doté du Calibre 2125, le modèle 4332 inaugure en 1983 la lignée des Royal Oak 36 mm. Cette même année, la gamme s’enrichit de fonctions calendaires (Day Date, 5572, 5581, 5584; phases de lune 5658, 5595). Suivront les modèles « trois aiguilles » 14498 (1986), puis la Royal Oak 14700 (1990) et deux ans plus tard ses dérivés 14701, 14702 et 14704. L’année 1992 voit la naissance du modèle 14790 qui restera durant plus de 10 ans le modèle central de la collection Royal Oak.

Cette évolution explique que le terme « Jumbo » soit resté associé au modèle 5402 des origines. Il est même probable que ce surnom se soit imposé durant les années 1980-1990. À cette époque, en effet, lorsqu’on parlait de la première Royal Oak, il suffisait de la qualifier de « Jumbo », par contraste avec les modèles 36 mm qui dominaient le marché. Durant trois décennies, les seules Royal Oak 39 mm sont celles dotées d’un calendrier perpétuel. La raison est simple : leur Calibre 2120/2800 utilise la même base que le modèle de 1972. Or ici, le diamètre de la montre dépend de celui du mécanisme qu’elle contient.

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… avant de grandir à nouveau

À la fin des années 1990, la tendance est aux objets imposants, affirmés, décomplexés. Dans le domaine automobile par exemple, les 4x4 Hummer lancés en 1992 préparent l’ère des SUV (Sport Utility Vehicle). Dans le domaine horloger, c’est la Royal Oak Offshore 25721, 42 mm chargée en testostérone qui donne en 1993 le coup d’envoi à l’ère du surdimensionné. La taille moyenne des montres est jusqu’alors toujours de l’ordre de 35-36 mm. Lorsqu’on sait qu’avec ses 39 mm, la Royal Oak 5402 est surnommée « Jumbo », comment qualifier une mon(s)tre de 42 mm ? Lorsqu’il la découvre à la Foire de Bâle, Gérald Genta hurle à la trahison. Il la traite d’« éléphant de mer ». Les collectionneurs lui préfèrent le surnom de « The Beast », la bête. Le succès est aussi inattendu que spectaculaire. La Royal Oak Offshore entraîne toute l’industrie dans son sillage. En une décennie, le diamètre moyen des montres explose, dépassant les 40 mm, et pour certains exemplaires, les 50 mm !

La Royal Oak classique participe à ce mouvement. En 2005, le modèle phare de la collection 15300 (Calibre 3120, seconde au centre) remplace le 14790. La norme est désormais à 39 mm. Sept ans plus tard, le modèle 15400 va encore plus loin, avec 41 mm. En 2019, le modèle 15500 (Calibre 4302) lui succède et confirme cette dimension. De toute évidence, depuis le début du troisième millénaire, la Royal Oak « Jumbo » n’est plus surdimensionnée, même si son surnom lui est désormais consubstantiel. Mais revenons aux années 1990.

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14802 - la renaissance de la Royal Oak « Jumbo »

Durant ses 20 premières années, la Royal Oak (hors QP) ne compte qu’un seul et unique modèle de 39 mm, dont 95% des quelque 6 000 pièces sont vendues avant 1982.

Il faut attendre 1992 pour que, dans le cadre des 20 ans de la Royal Oak, la version « Jumbo » renaisse. À cette date, la Royal Oak est devenue une icône de l’horlogerie et une collection essentielle pour Audemars Piguet qui en propose une vingtaine de modèles aux multiples déclinaisons. Un anniversaire est souvent l’occasion d’un retour aux sources. Le modèle Jubilée 14802 rend hommage au 5402. Cette édition est limitée à 1 000 exemplaires. En tout, 691 seront fabriqués en acier, 286 en or jaune, auxquels s’ajouteront dès 1995, 20 versions en platine.

Le modèle 14802 introduit les premiers cadrans saumon ainsi qu’en « bleu tuscany » martelé - le nombre d’exemplaires de ces cadrans spéciaux n’est pas documenté. Par ailleurs, un fond saphir dévoile le Calibre 2121, dont la plupart des masses en or arbore un motif anniversaire accompagné du numéro de boîte.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak, référence 14802ST, 1993

1993. Royal Oak 14802ST (1992), n° 130 3/4. Date. Calibre 2121, mouvement 374378. Bracelet 944. Cadran tapisserie T21. Boîte 39 mm D12288. Acier. Vendue en 1993 à Elco (Royaume Uni). Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1051.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak, référence 14802ST, 1993

1993. Royal Oak 14802ST (1992), n° 130. Date. Calibre 2121, mouvement 374378. Bracelet 944. Cadran tapisserie T21. Boîte 39 mm D12288. Acier. Vendue en 1993 à Elco (Royaume Uni). Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1051.

Vue du fond de la montre-bracelet Royal Oak, référence 14802ST, 1993

1993. Royal Oak 14802ST (1992), n° 130, côté fond. Date. Calibre 2121, mouvement 374378. Bracelet 944. Cadran tapisserie T21. Acier. Vendu en 1993 à Elco (Royaume Uni). Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1051.

Vue de côté de la montre-bracelet Royal Oak, référence 14802ST, 1993

1993. Royal Oak 14802ST (1992), n° 130, de profil. Date. Calibre 2121, mouvement 374378. Bracelet 944. Cadran tapisserie T21. Boîte 39 mm D12288. Acier. Vendue en 1993 à Elco (Royaume Uni). Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1051.

Croquis des masses oscillantes « anniversaire » pour la Royal Oak 14802, vers 1990

Vers 1990. Croquis de masses anniversaires destinées à la Royal Oak 14802. Dessins à la gouache sur papier translucide. Archives Audemars Piguet.

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Les variantes squelettées sur Calibre 2120

De 1992 à l’an 2000, plusieurs modèles « Jumbo » en séries très réduites sont introduits sur le Calibre 2120, ultraplat, sans date, presque toujours squelettés et souvent sertis.

La première de ces variantes est la Royal Oak 14811 en 1992. Cette pièce unique est mise aux enchères pour soutenir la toute nouvelle Fondation Audemars Piguet, qui participe à la conservation des forêts du monde entier par le biais de programmes de protection de l’environnement et de sensibilisation de la jeunesse. La montre arbore un chêne royal en gravure modelée. Plus tard, le motif du chêne ciselé se retrouvera sur au moins 3 modèles : 15075 (vers 1995), 12517 et 12530 (pièces uniques des 125 ans en 2000).

Alors que les Royal Oak 14789, 14793 et 14814 mettent en scène un calibre squeletté sur lequel évoluent les aiguilles serties, les modèles 14884 et 12518 (pièce unique 125 ans) rappellent que le nom de la collection est emprunté aux vaisseaux de la marine anglaise Royal Oak et présentent en guise de cadran une ancre marine sur fond de flots tempétueux entourés de cordages.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak Fondation Audemars Piguet, référence 14811ST, 1992

1992. Royal Oak Fondation Audemars Piguet 14811ST (réplique d’une pièce unique). Calibre 2120SQ, Cadran chêne royal gravé et doré. Bracelet 944. Boîte 39 mm D30241. Acier. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1193.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak Squelette à cadran en forme d’ancre, référence 14884BA, 1993

1993. Royal Oak 14884BA. Calibre 2120SQ. Mouvement 354380, Cadran squeletté en forme d’ancre. Boîte 39 mm D30250. Or jaune 18 carats. Vendue à DHK (Hong Kong) en 1993. Collection Pygmalion.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak entièrement ajourée et dorée, référence 14814BA, 1997

1997. Royal Oak Squelettée 14814BA. Date. Calibre 2120SQ, mouvement 367889 entièrement squeletté et doré. Bracelet 944. Aiguilles serties de brillants. Boîte 39 mm D93405. Or jaune 18 carats. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1216.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak Squelette sertie de diamants taille brillant et taille baguette, référence 12517BC, 2000

2000. Royal Oak 12517BC. Calibre 2120SQ. Mouvement 399622 et cadran squelettés. Diamants taille brillants et baguette. Boîte 39 mm E9919. Or gris 18 carats. Pièce unique créée à l'occasion des 125 ans d'Audemars Piguet, vendue à Singapour en décembre 2000. Collection Pygmalion.

Gros plan du cadran modelé-gravure de la montre-bracelet Royal Oak, référence 12518BC, 2000

2000. Royal Oak 12518BC. Calibre 2120SQ. Mouvement 414557. Cadran gravure modelée. Diamants taille brillant. Boîte 39 mm E9922. Or gris 18 carats. Pièce unique créée à l'occasion des 125 ans d'Audemars Piguet, vendue en France en décembre 2000. Collection Pygmalion.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak Squelette, référence 14789PT, 2003

2003 Royal Oak 14789PT (1992). Calibre 2120SQ. Mouvement 367846 (ébauche 1991) squeletté. Aiguilles serties. Boîte 39 mm D33029. Platine. Vendue à DHK (Hong Kong) en 2003. Collection Pygmalion.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak, référence 14811BA, 1992

Vers 1992. Photographie d’identification de la Royal Oak 14811BA. Archives Audemars Piguet.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak, référence 14793BA, 1992

Vers 1992. Photographie d’identification de la Royal Oak 14793BA. Archives Audemars Piguet.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak, référence 15075BC, 1997

Vers 1997. Photographie d’identification de la Royal Oak 15075BC. Archives Audemars Piguet.

Gros plan de la montre-bracelet Royal Oak, référence 12530BC, 2000

2000. Photographie d’identification de la Royal Oak 12530BC. Archives Audemars Piguet.

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Le modèle 15002

Les archives révèlent qu’en 1991 déjà, les plans techniques étaient prêts pour relancer une Royal Oak « Jumbo » non limitée dans la collection courante, avec fond plein. Or, Steve Urquhart et Georges-Henri Meylan, qui codirigent alors Audemars Piguet mettent le projet en veille… jusqu’à épuisement des 1 000 exemplaires du modèle 14802. Quatre ans sont nécessaires - en comparaison, moins de deux ans avaient suffi pour distribuer les 1 000 premières Royal Oak 5402 vingt ans plus tôt.

En 1996, Audemars Piguet dispose d’un stock de 350 ébauches du Calibre 2121. Le moment est venu de les emboîter. Le modèle 15002 est finalement lancé en 1996. Sa production est restreinte. Sur les 14 000 montres prévues en cette année-là, seules 100 sont des Royal Oak « Jumbo » ! Les années suivantes confirment ces proportions d’une extrême modestie. En trois ans, 174 exemplaires sont fabriqués en acier et 12 en or jaune.

D’un point de vue esthétique et technique, le modèle 15002 est celui qui ressemble le plus au 5402 de 1972, à tel point que de nombreux composants sont interchangeables avec ce dernier. L’architecture de l’habillage ne change pas : boîte monocoque à fond plein, cadran tapisseriebracelet en chute, joint surdimensionné. Seul l’angle de la lunette biseautée est légèrement retouché pour atteindre 45 degrés, contre 40 degrés pour les modèles 5402, 14802 et 15202. À noter aussi le monogramme AP à midi et la signature AUDEMARS PIGUET aux dimensions un peu plus généreuses qu’en 1972. Bien que respectable, cette fidélité extrême aux origines atteint ses limites. Pour entrer de plain-pied dans le troisième millénaire, la Royal Oak « Jumbo » doit se renouveler. C’est ce que fera le modèle 15202.

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Naissance de la Royal Oak 15202

Le 6 juin 1999, le Comité Produit Audemars Piguet s’inquiète du fait que le modèle 15002 n’est plus disponible. Certains proposent de relancer la production. La discussion porte alors sur l’avenir du Calibre 2121. Malgré les 186 montres 15002 vendues, le stock de 350 ébauches 2121 n’a pas diminué depuis 3 ans, mais les commandes à Jaeger-LeCoultre sont restées si modestes que le bruit court que la Manufacture du Sentier va cesser la production de cette merveille de mécanique. Pour sauver ce précieux patrimoine, Audemars Piguet étudie deux axes. À moyen terme : internaliser cette fabrication (voir histoire 2120). À court terme : redynamiser la Royal Oak « Jumbo », fer de lance du Calibre 2121 depuis 1972. Deux semaines plus tard, le Comité décide de remplacer le 15002 par une nouvelle référence, la Royal Oak 15202 qui, en plus de lui offrir une cure de jouvence, élève les ambitions de la collection : 300 exemplaires sont prévus pour l’an 2000, dont 250 en acier et 50 en or jaune.

La Royal Oak 15202 est présentée le 30 mars 2000 au SIHH (Salon Internationale de la Haute Horlogerie). Elle interprète les codes originels 5402 bien plus librement que les 14802 et 15002. Pour la première fois, une Royal Oak « Jumbo » arbore un cadran argenté, disponible aussi bien dans la version acier que dans la version or jaune. Les variantes 15202ST restent disponible en « Dark blue » et « Cosmos blue ». Et en 2006, une variante or rose (OR) est ajoutée, sur cadran argenté également. De plus, tous ces cadrans sont guillochés « Grande Tapisserie ». La boîte monocoque, dont l’étanchéité passe à 50 m, conserve les mêmes proportions, mais son fond saphir met en lumière la beauté du mécanisme.

La Royal Oak 15202 trace sa voie. En parallèle, quelques modèles « Jumbo » en séries limitées voient le jour, dont la Royal Oak 15128 en 2003 pour l’Italie, l’édition 15201 qui célèbre les 10 ans du site pionnier de collectionneurs horlogers « the Purist » en 2011, ou la 15205 créée pour la boutique hongkongaise Hour Glass en 2015.

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Un succès sans précédent

À partir des 40 ans de la Royal Oak en 2012, le modèle 15202 enflamme véritablement le monde horloger. Conjointement, un livre anniversaire est publié, signé Martin K. Wehrli et Heinz Heimann et une exposition rétrospective majeure fait le tour du monde.

Mais surtout, les 15202OR (or rose) et ST (acier) sont dotées de cadrans fidèles à ceux de 1972, séries A : monogramme AP à 6h, Petite Tapisserie, couleur Bleu Nuit, Nuage 50. Une variante squelette modernisée est introduite, aux lignes pures et aux ponts noircis : modèle 15203 d’abord en platine, édition limitée à 40 exemplaires, suivi d’une variante en or rose. La Royal Oak 15202BA en or jaune disparaît temporairement - elle reviendra en 2017 dotée de cadrans Petite Tapisserie bleus et dorés. En 2014, les variantes 15202 Grande Tapisserie ont disparu du catalogue. Plus important, le 15202 devient le seul modèle 39 mm de la collection (avec son dérivé 15205), car la Royal Oak 15300 (39 mm, Calibre 3120) est remplacé par le 15400 (41 mm) en 2012, et les Royal Oak Calendrier Perpétuel passent aussi à 41 mm en 2015 (Calibre 5134).

Après quelques décennies de discrétion, la Royal Oak « Jumbo » gagne en attractivité, mêlant tradition et modernité. La demande explose. Pour y répondre, les ateliers grandissent, les horlogers se forment aux secrets du Calibre extraplat 2121, fabriqué à l’interne depuis les années 2000. Tous les efforts se concentrent pour augmenter la production. De quelques dizaines d’exemplaires par années, Audemars Piguet parvient à en livrer plus de 1 000 à partir du milieu des années 2010. En parallèle, le marché des anciennes Royal Oak « Jumbo » croît à grande vitesse. L’enthousiasme est de mise.

2018 marque le renouveau des variantes bimétalliques, disparues depuis les années 1970. Cette fois, le titane se combine au platine dans la Royal Oak 15202IP, qui met en scène un cadran bleu « fumé » (couleur dégradée). Trois ans plus tard, le platine fait sa réapparition (après les 20 exemplaires 14802PT) dans une variante au cadran lisse vert fumé soleillé. C’est en avril de cette même année 2021 que François-Henry Bennahmias, qui dirige Audemars Piguet depuis 2012, défraie la chronique en annonçant la fin du modèle 15202. Une toute dernière version est créée pour la vente caritative Only Watch, dotée d’une boîte en titane microbillé et d’une lunette polie en verre métallique (BMG – Bulk Metalic Glass). Les maillons du bracelet sont en titane (microbillé dessus et satiné dessous) alors que les plots sont en verre métallique poli. Le verre métallique utilisé par AP est un alliage à base de palladium (plus de 50% de palladium). Le 6 novembre 2021, cette Royal Oak « Jumbo » est adjugée au prix de CHF 3 100 000.-.

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Le modèle 16202

Pour célébrer les 50 ans de son icône, Audemars Piguet introduit sept nouveaux calibres dans la collection et retravaille l’esthétique de nombreux modèles. Une masse oscillante « 50 ans » équipe les 72 références en fabrication ! Mais pour le monde des collectionneurs, l’événement le plus important est le remplacement du modèle 15202 par une nouvelle référence Royal Oak « Jumbo ».

Le modèle 16202 respecte à la lettre les codes esthétiques originels 5402. Le changement majeur se trouve à l’intérieur où le Calibre 7121, remplace le légendaire 2121. Un peu plus grand que son prédécesseur (29,6 mm contre 28 mm de diamètre), sa hauteur reste fidèle à l’origine : 3,2 mm. Développé et fabriqué par les ingénieurs et les horlogers de la Manufacture Audemars Piguet, ses performances bénéficient des dernières avancées techniques. Son barillet, par exemple, développe presque trois fois plus d’énergie dans un même volume. Cela permet d’augmenter la fréquence du balancier (28 800 a/h contre 19 800 a/h), ce qui améliore la fiabilité et la précision, tout en augmentant sa réserve de marche (55 heures contre 40 heures). Par ailleurs, un système de réglage rapide de la date a été introduit.

En 2022, le modèle 16202 est proposé en quatre variantes : acier inoxydable, or rose, or jaune et platine. Alors que la version en acier reste au plus proche des codes originels avec Petite Tapisserie en Bleu Nuit, Nuage 50, les variantes en or rose et jaune arborent respectivement une Petite Tapisserie dans les tons gris fumés ou or jaune. L’option en platine présente quant à elle un cadran fumé vert profond à motif soleillé, rappelant la couleur des épicéas de la vallée de Joux.

Par ailleurs, deux versions en acier et en or rose (Modèles 16204) mettent en scène un mécanisme entièrement squeletté, Calibre 7124, d’une hauteur de 2,7 mm, sans quantième. Certains collectionneurs ont adopté le terme « Jumbo » pour qualifier toutes les Royal Oak extraplates 39 mm. Ils incluent donc les variantes à calendrier perpétuel, Calibre 2120/2800, créées entre 1984 et 2015. À partir de 2022, ils peuvent ajouter le modèle 26670 tourbillon volant automatique, dont le Calibre 2968 à l’architecture révolutionnaire ne dépasse pas 3,4 mm de hauteur !

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La vitrine « Jumbo » du Musée Atelier Audemars Piguet

Depuis le mois de juin 2020, dans le Musée Atelier Audemars Piguet du Brassus, une vitrine entière rend hommage à la Royal Oak dite « Jumbo ». Neuf variations s’y côtoient. Elles racontent 50 ans d’histoire et rayonnent autour d’un exemplaire du modèle 5402, série A26.

 

Rédaction : Equipe du Patrimoine Audemars Piguet, Le Brassus

Première publication : 24 janvier 2022.

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