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1951. Registres des Boîtes Audemars Piguet.
Article

La numérotation des montres Audemars Piguet

Introduction
Chaque montre Audemars Piguet renferme deux numéros gravés : l’un sur son mouvement, l’autre sur sa boîte. En confrontant ces gravures aux archives, les artisans du Brassus peuvent non seulement connaître la date de création de la montre, mais s’assurer de son authenticité, et le cas échéant, la remettre dans son état d’origine. Le lecteur trouvera ici quelques clés pour décoder la numérotation des montres Audemars Piguet depuis le XIXe siècle, en complément à l’article dédié à la numérotation des Royal Oak.

Les montres de Haute Horlogerie font partie des très rares objets conçus pour durer des décennies, voire des siècles. Les numéroter est, pour ceux qui les fabriquent, l’un des premiers moyens de les identifier, garantir leur authenticité et les remettre dans leur état d’origine. Chez Audemars Piguet, ces précieux numéros – le numéro de mouvement et le numéro de boîte - sont consignés manuellement dans des registres dont le plus ancien conservé remonte à 1882. Le numéro du mouvement est gravé sur la platine ou sur un pont. Attribué de manière incrémentale, il ne reflète pourtant pas le nombre de pièces fabriquées. Ainsi le mouvement n° 60 000 n’est environ que le 30 000e fabriqué, car tous les numéros n’ont pas été utilisés. En 2017, les numéros de mouvement approchent le million, alors qu’à cette date, Audemars Piguet n’a produit et équipé d’un mouvement qu’environ 800 000 montres depuis sa fondation. Ce numéro ne reflète pas non plus la date exacte de fabrication puisqu’une ébauche peut avoir été terminée et emboîtée des décennies après avoir été fabriquée et numérotée. Aujourd’hui, le numéro de mouvement est constitué de 2 lettres et 4 chiffres. Le second numéro, appelé « grand numéro de boîte » est celui gravé sur le dos ou à l’intérieur de la boîte. Dans un premier temps identique au numéro de mouvement, cette logique n’a cependant fonctionné que tant que chaque montre était unique. Mais la notion de modèle introduite en 1951 et la logique de production en petites séries poussent Audemars Piguet à donner son propre numéro à chaque boîte. D’abord simplement incrémental et commençant par 101, le grand numéro de boîte devient alphanumérique vers 1975 – composé d’une lettre et de 5 chiffres incrémentaux – avant de devenir une suite de chiffres et de lettres aléatoires en 2017. L’introduction des modèles en 1951 s’accompagne de la création des « numéros de modèle » ou « numéros de référence ». Non-inscrits sur la montre, ils se sont pérennisés et complexifiés avec le temps afin d’indiquer non seulement le modèle, mais aussi la matière, le sertissage, la finition, la boucle, le bracelet, sa matière et enfin le cadran. Ils sont toujours en usage aujourd’hui.

Résumé

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Reconnaître sa progéniture

Dans une société largement fondée sur l’obsolescence programmée, lorsqu’un objet manufacturé quitte son fabricant pour être vendu, son histoire est presque terminée. Passé le délai de garantie, l’objet est souvent moins cher à remplacer qu’à réparer. Chez Audemars Piguet, comme dans les principales marques de Haute Horlogerie, c’est au contraire lorsqu’une montre quitte les ateliers de fabrication que commence vraiment son histoire.

Conçue pour fonctionner durant des décennies, voire des siècles, la montre revient régulièrement à l’établi pour un service ou une réparation. Dans le meilleur des cas, elle est révisée dans les ateliers d’Audemars Piguet. Bien souvent, elle passe par d’autres horlogers qui la réparent selon les outils à disposition, leur stock de composants et leur expérience. Quand ce ne sont pas les collectionneurs eux-mêmes qui se risquent à les ouvrir !

Pour Audemars Piguet, il est capital de pouvoir à tout moment identifier ses créations, quel que soit leur état. Les horlogers doivent pouvoir reconnaître « leur progéniture », seul moyen pour les remettre dans leur état d’origine, garantir leur authenticité et leur fonctionnalité pour les générations futures.

2014. Restauration du calibre 22 ligne de la montre dite « Universelle ».

2014. Restauration du calibre 22 ligne de la montre dite « Universelle ». Pour identifier puis restaurer une montre historique, les horlogers de l’atelier de restauration s’appuient sur les registres anciens, sur les composants d’époque et sur leur expertise personnelle. Ils échangent en permanence pour s’enrichir de leurs expériences réciproques et redécouvrent parfois des savoir-faire disparus. Image Audemars Piguet.

2020. Composants de calibres des années 1900.

2020. Composants de calibres des années 1900. L’Atelier de Restauration Audemars Piguet conserve des composants fabriqués depuis le XIXe siècle. Sur chaque boîte figure le nom du calibre dans lequel se trouvait le composant. Ces éléments servent de source d’information aux horlogers qui, au besoin, reconstruisent les composants au moyen d’outils anciens. Image Audemars Piguet.

2016. Meuble de fournitures anciennes.

2016. Meuble de fournitures anciennes. En plus des composants de mouvements, l’atelier de restauration Audemars Piguet conserve d’anciennes aiguilles, glaces et autres éléments d’habillage, qui servent à la restauration des montres mais également à étudier l’histoire de la société. Image Audemars Piguet.

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À chaque montre ses propres numéros

L’un des premiers moyens de reconnaître une montre tient dans les numéros gravés sur sa boîte et son mouvement. Chez Audemars Piguet, au fil du temps, ces numéros se sont multipliés et étoffés : numéros de calibres, de modèles, de bracelets, etc. Cette codification a été créée pour des usages internes, à savoir essentiellement la réparation et la commercialisation des montres. Si elle est restée hermétique pour le grand public, la communauté des collectionneurs s’y est très tôt intéressée, comprenant que les numéros peuvent témoigner de l’histoire d’une montre, de son authenticité ou de sa rareté.

L’usage des numéros gravés remonte aux origines de l’entreprise, comme en attestent les registres qui figurent aux archives et regroupent l’ensemble des numéros gravés. Ces registres commencent en 1882 et se poursuivent jusqu’à nos jours. Plus ou moins riches et plus ou moins nombreux selon les périodes, ils décrivent chaque montre produite mais aussi le type de mécanisme et les fonctions que la montre possède, parfois son habillage, etc.

1882. Registre d'Établissage Audemars Piguet.

1882. Registre d'Établissage Audemars Piguet. Première double-page du plus ancien Registre d'Établissage conservé dans les archives Audemars Piguet. Sur 13 montres, toutes sont dotées de complications et 9 comportent une répétition minutes. Archives Audemars Piguet.

1931-1933. Registre d’Établissage Audemars Piguet.

1931-1933. Registre d’Établissage Audemars Piguet. Du XIXe siècle au début des années 2020, chaque montre a fait l’objet d’une écriture manuscrite dans les Registres d’Établissage, réalisée au moment de sa sortie des ateliers du Brassus. Cette double page démontre la gravité de Grande Depression, avec seules deux ébauches acquises en 1932. Archives Audemars Piguet.

Registres Audemars Piguet

Registres Audemars Piguet. Durant près d’un siècle et demi, chaque montre Audemars Piguet a fait l’objet d’une ou plusieurs écritures manuscrites dans différents registres. Ces documents constituent aujourd’hui l’un des socles permettant de reconstituer l’histoire de l’entreprise et de ses créations.

Registre des Montres Terminées n° 46

Registre des Montres Terminées n° 46. Avant 1951, chaque montre Audemars Piguet est unique. Le Registre des Montres Terminées n° 46 décrit de manière détaillée chaque montre vendue entre 1929 et le milieu des années 1930. Archives Audemars Piguet.

1928. Montre-bracelet à calendrier complet sur sa description originelle

1928. Montre-bracelet à calendrier complet sur sa description originelle. Posée sur la page d’archive qui la décrit, cette montre-bracelet à calendrier complet, mouvement et boîte n° 3457 contient le calibre 10GHSM. Le document décrit son habillage en « or vert », ses aiguilles « Breguet bleues ». Son cadran « or 14k » est signé À L’ÉMERAUDE LAUSANNE. Pré-modèle 180. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 159.

1907 – 1927. Archives de la montre dite « John Schaeffer »

1907 – 1927. Archives de la montre dite « John Schaeffer ». Avant 1951, les montres Audemars Piguet sont toutes différentes les unes des autres. Elles font l’objet de descriptions détaillées dans les Registres des Montres Terminées. Cette page décrit la montre n° 11649 depuis sa première mouture en 1907, jusque la personnalisation de son cadran en 1927. À chaque retour au Brassus, un feuillet est ajouté qui documente les opérations effectuées par les horlogers. Archives Audemars Piguet.

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Le numéro de mouvement

Depuis le XIXe siècle, chaque mouvement Audemars Piguet comporte un numéro unique gravé sur la platine ou sur un pont. Ce numéro est soigneusement transcrit dans un Registre d’Établissage. Le plus ancien registre d’Audemars Piguet ayant disparu, les numéros documentés commencent donc en 1882 avec le n° 2000. Ensuite, les chiffres croissent de manière incrémentale.

Pour identifier une montre, il suffit de confronter les informations figurant dans le registre et celles de la montre-même. Par exemple, les registres indiquent que le numéro 3824 correspond à une montre de poche à double complication vendue en 1890, ce que confirme l’examen de la montre, qui appartient à la collection du Patrimoine Audemars Piguet (illustration). Autre exemple issu de cette même collection : le numéro de mouvement 30828 correspond à une répétition minutes miniature vendue en 1924, exposée depuis 2020 dans le Musée Atelier Audemars Piguet au Brassus (illustration).

Montre de poche à double complication n° 3824, sur Registre d’Établissage.

Montre de poche à double complication n° 3824, sur Registre d’Établissage. Au XIXe siècle, avant l’introduction des numéros de calibres, chaque mouvement est différent de tous les autres, si bien que le mécanisme n’est décrit que par ses caractéristiques majeures. Ici son diamètre (18 lignes, soit 40,6 mm), ses fonctions (répétition minutes, chronographe) et sa matière (nickel signifie ici maillechort) sont mentionnés. Vendue en 1890, la montre a rejoint la collection du Patrimoine Audemars Piguet un siècle plus tard (inv. 25).

1890. Montre de poche à double complication, côté mouvement.

1890. Montre de poche à double complication, côté mouvement. Répétition minutes, chronographe à rattrapante. Calibre 18 lignes (40,6 mm), mouvement 3824. Cadran émail. Boîte 51,6 mm 3824 en or rose 18 carats. Vendue en juillet 1890. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 25.

1890. Montre de poche à double complication, détail.

1890. Montre de poche à double complication, détail. Le numéro du mouvement est gravé doré sur le pont de rattrapante. Les horlogers noteront l’extrême finesse des dents de la roue de rattrapante et les qualités de finition : châtons vissés, acier polis et anglés, maillechort côtes de Genève larges, etc. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 25.

1926. Montre-bracelet à répétition minutes.

1926. Montre-bracelet à répétition minutes. Embotée une première fois en platine (1925), cette montre a reçu un nouvel habillage en or gris l’année suivante. Calibre 11SMV#5, mouvement 30674. Cadran satiné. Boîte n° 30674 en or gris 18 carats. Vendue à Gübelin en 1925, remboîtée en 1926. Prémodèle 198. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1227.

1926. Calibre 11SMV#5.

1926. Calibre 11SMV#5. Répétition minutes à timbres rapprochés polis miroir. Ponts serpentins Côtes de Genève. 29 pierres. Mouvement 30674 emboîté en 1925 dans le prémodèle 198. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1227.

1926. Calibre 11SMV#5, détail.

1926. Calibre 11SMV#5, détail. Le numéro du mouvement est gravé doré sur le pont roue de couronne. Les gravures précisent le nombre de rubis du mouvement ainsi que le nombre de positions dans lesquelles la précision de la montre a été testée. Mouvement n° 30674 emboîtée en 1925 dans le prémodèle 198. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1227.

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Numéro de mouvement et chiffres de production

Comme les numéros de mouvement sont attribués de manière consécutive, il est tentant pour l’historien d’en déduire que la production totale d’Audemars Piguet correspond au numéro de mouvement le plus élevé de sa période. Par exemple, la répétition minutes n° 30828 (1924) mentionnée ci-dessus devrait être la 30 828e montre fabriquée par Audemars Piguet. En d’autres termes, en 1924, l’entreprise devrait avoir dépassé les 30 000 montres fabriquées. L’analyse des registres montre qu’il n’en est rien.

En effet, de nombreux numéros n’ont pas été utilisés. Durant les premières décennies de l’histoire de l’entreprise, environ la moitié des numéros sont attribués. Ainsi, par exemple, la montre n° 60000 (1956), n’est qu’environ la 30 000e produite par Audemars Piguet depuis 1875.

Pourquoi les horlogers n’ont-ils utilisés qu’une partie des numéros ? Le mystère reste entier. Toujours est-il qu’à partir de la seconde moitié du XXe siècle, cette pratique se raréfie allant jusqu’à quasiment disparaître. Ainsi, lorsqu’en 2017, le numéro de mouvement s’approche du million, la production totale avoisine les 800 000 pièces, (ce qui correspond en 142 ans à la production de Rolex en environ un an).

Cependant, aucun mouvement de montre Audemars Piguet ne portera jamais le numéro 1000000. En effet, après le numéro 999988, la société introduit une numérotation alphanumérique composée de deux lettres suivies de 4 chiffres. Le système en six digits consécutifs commence par AA0001 jusqu’à AA9999, puis AB0001, etc.

1880-2017. Datation approximative des montres Audemars Piguet selon leur numéro de mouvement
Le numéro gravé sur le mouvement des montres permet d’estimer la période de la première commercialisation de la montre qui le contient. Néanmoins, seule une expertise de la montre elle-même peut garantir l’exactitude de l’information.

Années De A
1880*-1889 2000 4500
1890-1899 4000 6500
1900-1909 6000 14000
1910-1919 11000 27000
1920-1929 23000 42000
1930-1939 41000 45000
1940-1949 44000 60000
1950-1959 55000 80000
1960-1969 72000 120000
1970-1979 110000 230000
1980-1989 220000 350000
1990-1999 330000 490000
2000-2009 475000 750000
2010-2017 700000 999999
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Une première clé de datation

Le propriétaire d’une montre Audemars Piguet peut être tenté d’estimer sa date de production à partir du numéro de mouvement. Le raisonnement semble évident : puisque la numérotation est consécutive, la chronologie devrait suivre les numéros dans un ordre linéaire. L’étude des registres ne confirme que partiellement cette hypothèse. Par exemple, la majeure partie des numéros 20900 à 21000 correspondent à des montres fabriquées vers 1918. Autre exemple, au début des années 1950, les numéros se trouvent vers 57000-60000 (voir tableau du paragraphe précédent).

Or ici aussi, la règle compte quelques exceptions. Le numéro de mouvement n’est pas une source suffisante pour déterminer la date précise d’une montre. En effet, les ébauches étaient numérotées au moment de leur acquisition par Audemars Piguet. Or certaines ébauches ont été conservées durant des années, voire des décennies avant d’être terminées et emboîtées. Par ailleurs, certains mouvements ont été remboîtés à plusieurs reprises dans des habillages différents. Exemple extrême : la montre-bracelet à répétition minutes n° 8712 illustrée à la page 73 du livre Les Montres-bracelets à complications Audemars Piguet au XXe siècle a été emboîtée et vendue en 1951, mais elle contient un calibre fabriqué vers 1886.

1951. Montre-bracelet à répétition minutes n° 8712 sur son Registre d’Établissage.

1951. Montre-bracelet à répétition minutes n° 8712 sur son Registre d’Établissage. Emboîtée en 1951 (modèle 5528), cette montre contient un calibre fabriqué dans les années 1880, emboîté cinq fois par Audemars Piguet (1889, 1900, 1904, 1921 et 1951). Numéroté 3844 en 1886, renuméroté 8712 en 1904. Calibre 14MVI. Boîte et mouvement 8712. Or jaune 18 carats. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1633.

1951. Montre-bracelet à répétition minutes n° 8712 Répétition minutes.

1951. Montre-bracelet à répétition minutes n° 8712 Répétition minutes. Calibre 14MVI (ébauche vers 1886). Cadran argenté. Boîte et mouvement 8712. Or jaune 18 carats. Vendue à New York en 1951. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1633.

1951. Calibre 14MVI n° 8712.

1951. Calibre 14MVI n° 8712. Répétition minutes à timbres éloignés, polis miroir. Ponts droits décorés Côtes de Genève. 30 pierres. Ébauche fabriquée dans les années 1880, remboîtée et renumérotée plusieurs fois. Dernier emboîtage en 1951 dans le modèle 5528. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1633.

1951. Calibre 14MVI, détail.

1951. Calibre 14MVI, détail. La signature et le numéro de mouvement sont gravés sur le pont de barillet de sonnerie. Leur style correspond aux pratiques de la fin du XIXe siècle, date de la première mouture du mouvement, un demi-siècle avant la vente de la montre en modèle 5528. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1633.

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Le grand numéro de boîte

Toutes les montres Audemars Piguet possèdent un numéro gravé sur leur boîte, soit au dos, soit à l’intérieur et parfois les deux. C’est lui que nous nommerons désormais le grand numéro de boîte (par opposition au petit numéro Royal Oak). Durant près de 75 ans, ce numéro est identique à celui du mouvement. Chaque montre étant unique, le cœur mécanique et son habillage sont faits l’un pour l’autre. Si le numéro diffère, c’est que l’habillage a été réalisé sans lien direct avec Audemars Piguet.

Au début des années 1950, alors que le monde occidental entre dans la phase de croissance la plus longue et la plus spectaculaire de son histoire, Audemars Piguet entreprend un processus de modernisation. L’une des conséquences de cette réorganisation est la modification du grand numéro de boîte qui, pour la première fois, devient indépendant du numéro de mouvement. Désormais, Audemars Piguet peut acheter aux fabricants de boîtes des séries d’habillages identiques, prénumérotés, et les appairer librement avec des mouvements lors de l’emboîtage au Brassus.

Ainsi, en 1951 par exemple, la boîte de la montre contenant le mouvement 54651 porte le numéro gravé 101. Les numéros de boîtes sont ensuite attribués de manière incrémentales : 102, 103, etc. Ils font l’objet d’une écriture manuelle dans un nouveau document appelé le Registre des Boîtes. Vers 1975-1976, à l’approche du numéro 100 000, Audemars Piguet prend la décision d’affiner son système de numérotation en ajoutant une lettre au début de la combinaison de chiffres. La numérotation commence par la lettre B car les quelque 100 000 premières boîtes, même si elles ne comportent pas de lettre, sont tacitement associées à la lettre A des grands numéros de boîte.

C’est ainsi que les grands numéros de boîte comportent dès lors une lettre suivie d’un nombre allant de 1 à 99 999. Par exemple, la montre-bracelet chronographe squelettée fabriquée en 1981 dont la boîte est gravée B61720 contient le mouvement 244108 (illustration). La numérotation n’atteint jamais 100 000, peut-être pour des raisons de longueur de combinaisons à graver sur des boîtes parfois petites. Ainsi, après le numéro C99999, c’est la lettre suivante qui commence avec le numéro D1. Et ainsi de suite. Comme pour les numéros de mouvement, les grands numéros de boîtes permettent de donner une première estimation de la période de fabrication, mais ne suffisent pas à dater précisément une montre (voir tableau illustré).

Cette numérotation perdure jusqu’en 2017, affichant alors la lettre K. À ce moment-là, le système de numérotation des boîtes change une nouvelle fois au profit d’une succession de chiffres et de lettres aléatoires. 

1929. Montre de poche double complication, ouverte côté fond.

1929. Montre de poche double complication, ouverte côté fond. Répétition minutes, calendrier complet, heure sautante, grande lune et âges de la lune côté ponts. Calibre 18SMV#2 (ébauche 1920). Boîte 48mm, n° 26852 (gravure visible ici à l’intérieur du couvercle) en platine. Vendu à Bittman Saint Moritz (Suisse) en 1929. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1753.

1914. Montre de poche à répétition minutes, côté fond.

1914. Montre de poche à répétition minutes, côté fond. Répétition minutes. Calibre 18SMV#4 (ébauche 1910), mouvement et boîte n° 13646 (gravures visible sur le pont de couronne et à l’intérieur de la cuvette). Boîte 47 mm en or jaune 18 carats. Vendue à New York en février 1914. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 92.

1951. Registres des Boîtes Audemars Piguet.

1951. Registres des Boîtes Audemars Piguet. À partir 1951, Audemars Piguet dissocie le numéro de mouvement (consécutif depuis le XIXe siècle) du numéro de boîte, lequel commence à 101. La colonne de droite introduit le numéro de modèle. À gauche: première double page du premier Registre des Boîtes. À droite: Première double page du premier registre de la série B. Archives Audemars Piguet.

1981. Montre-bracelet chonographe 5556BA, côté fond.

1981. Montre-bracelet chonographe 5556BA, côté fond. Finement squeletté, le calibre 5030 est réalisé à partir d’une ébauche 13 lignes 23 Valjoux. Mouvement 244108 (gravure main en dessous du balancier). Bracelet 498 en or jaune tressé mailles polonaises. Boîte B61720 (gravure main sur la lunette au dessus de la roue à colonne) en or jaune 18 carats. Vendue aux Etats-Unis en janvier 1981. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 743.

2003. Grande Sonnerie 25896PT (1998), verso.

2003. Grande Sonnerie 25896PT (1998), verso. Répétition quarts. Calibre 2868 (1996) squeletté, mouvement 404086 (ébauche 1997). Boîte n° D87337 en platine. Vendue à New York en avril 2003. Archives Audemars Piguet.

1951-2020. Datation approximative des montres Audemars Piguet selon le grand numéro de boîte
Depuis 1951, le numéro de boîte diffère de celui de mouvement. Il permet d’estimer la période de la première commercialisation de la montre. Néanmoins, seule une expertise de la montre elle-même peut garantir l’exactitude de l’information.

Grands numéros de boites
De A Début Fin env.
101 105393 1951 1976
B 1 B 99999 1975 1990
C 1 C 99999 1984 1995
D 1 D 99999 1991 2000
E 1 E 99999 1998 2010
F 1 F 99999 2003 2010
G 1 G 99999 2009 2015
H 1 H 99999 2011 2015
I 1 I 99999 2013 2020
J 1 J 94000 2015 2020
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Le numéro de modèle

Revenons à la réorganisation de 1951 mentionnée plus haut. Jusqu’à cette date, l’idée de fabriquer deux montres exactement identiques n’était pas concevable pour les artisans d’Audemars Piguet. Chaque montre était par conséquent décrite séparément dans de petits cahiers à couverture rigide appelés Registres des Montres Complètes.

Mais à l’aube des Trente Glorieuses, l’augmentation de la production et l’élargissement de la distribution imposent de revoir ce mode de fonctionnement. La marque décide alors de fabriquer des montres identiques en petites séries. Cette révolution s’accompagne de l’introduction du concept de modèle de montre, nouveau pour la société.

Le numéro de modèle (parfois également nommé numéro de référence, ou encore référence de modèle) offre des avantages commerciaux considérables. Pour la première fois, les clients d’Audemars Piguet peuvent commander plusieurs exemplaires d’un même modèle ! Rappelons qu’à cette époque, la marque vend ses montres aux détaillants. Désormais, en publiant de petits catalogues, livrets, et autres supports promotionnels qui présentent les collections disponibles, elle peut également s’adresser directement aux clients finaux.

Nous avons vu qu’à partir de 1951, les grands numéros de boîtes se distinguent des numéros de mouvement. Ce qui les relie, c’est le modèle. À noter que ce dernier numéro n’est que très rarement gravé dans la montre, mais qu’il figure toujours dans les Registres des Boîtes et d’Établissage. Il renvoie à des photographies numérotées, à des catalogues, puis à des fiches produit qui spécifient les caractéristiques communes à chaque montre d’un même modèle.

1960. Catalogue Audemars Piguet.

1960. Catalogue Audemars Piguet. Les Modèles 5043, 5125 et 5141 contiennent le calibre 2003, le plus plat de son époque (1,64mm). Ils appartiennent au cœur de collection Audemars Piguet à l’orée des années 1960. Archives Audemars Piguet.

Vers 1960. Catalogue Audemars Piguet.

Vers 1960. Catalogue Audemars Piguet. Bien qu’elles portent un numéro de modèle (5806, 5813 et 5976) et qu’elles figurent au catalogue, ces montres n’ont été fabriquées qu’en une poignée d’exemplaires, tant leurs calibres miniatures constituent un exploit de fabrication. Archives Audemars Piguet.

1972. Catalogue Audemars Piguet.

1972. Catalogue Audemars Piguet. Les modèles 5429, 5427, 5420 et 5419 sont équipés du calibre ultraplat automatique 2120 ou de son dérivé 2121 (avec date). Leur forme évoque celle des téléviseurs de leur époque. Archives Audemars Piguet.

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Une révolution toute relative

Il serait erroné de voir dans ce nouveau système une transformation profonde des modes de production, qui restent essentiellement artisanaux. Les séries restent très limitées, généralement fondées sur des lots de 10 à 20 boîtes, voire moins. Audemars Piguet produit encore un nombre très élevé de calibres différents et des centaines de modèles. Par exemple, en 1951, il y a au moins 15 calibres différents en production pour environ 900 montres vendues.

Ainsi, la notion de modèle qui apparaît chez Audemars Piguet se distingue d’autres marques horlogères de cette époque qui étaient déjà industrialisées et avaient besoin d’un système de gestion détaillé. Chez Audemars Piguet, dans un premier temps, le numéro de modèle définit uniquement une forme et une dimension de boîte. Si la matière est rapidement ajoutée, il faudra encore des décennies pour que la référence de modèle mentionne le bracelet, la finition ou encore la version de cadran.

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Naissance d’un vocabulaire nouveau

Constitués à l’origine de 4 chiffres, les numéros de modèles créent un langage à part entière. Alors que, en 1912 par exemple, pour qualifier une montre de poche double-complication, il fallait la décrire dans le détail, pour parler du modèle 5043, du 5402, ou du 15202, il suffit de nommer la référence pour savoir de quoi il s’agit. Un numéro de modèle est à une montre ce qu’un prénom est à une personne.

À partir de la fin des années 1950, les horlogers ont créé des catégories de garde-temps en relation avec leur numéro de modèle, créant ainsi des familles. Une structuration apparaît dans la numérotation selon la complexité de la montre ou son type. Une étude réalisée par le Service Client en 1997, décrit ces catégories dans les termes suivants :

N° 4000 à 4999 : Montres homme, bracelet métallique

N° 5000 à 5499 : Anciens modèles homme

N° 5500 à 5599 : Montres compliquées (poche et bracelet)

N° 5600 à 5799 : Montres de poche

N° 5800 à 5999 : Anciens modèles dame

N° 6000 à 6999 : Montres quartz

N° 7000 à 7999 : Montres dame mécaniques, bracelet cuir

N° 8000 à 9999 : Montres dame mécaniques, bracelet métallique

Années 1950-60. Catalogue de modèles.

Années 1950-60. Catalogue de modèles. Depuis les années 1920, la personne en charge de distribuer les montres Audemars Piguet parcourre le monde avec une mallette de montres et des petits classeurs de photograpies. En 1951, l'introduction du numéro de modèle simplifie les commandes, mais les détaillants gardent la liberté de demander des cadrans différents de ceux illustrés dans le catalogue commercial. Archives Audemars Piguet.

Années 1950-60. Catalogue de modèles.

Années 1950-60. Catalogue de modèles. Dotés de mécanismes parmi les plus petits du monde, ces modèles se distinguent par leur créativité esthétique et leur variété. Certains n'ont probablement été fabriqués qu'à un seul exemplaire. Archives Audemars Piguet.

Années 1970. Catalogue de modèles.

Années 1970. Catalogue de modèles. Fabriqués le plus souvent en exemplaire unique, ces modèles de montres de poche ultraplates sont tous dotés du Calibre 5017 entièrement squeletté. Archives Audemars Piguet.

1997. Étude du Service Client.

1997. Étude du Service Client. Ce tableau établit les grandes catégories de montres Audemars Piguet couvrant la période 1951 à 1997. Il permet d’établir les correspondances entre le système à 4 chiffres et son successeur à 5 chiffres, introduit au milieu des années 1980. Archives Audemars Piguet.

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La référence à 5 chiffres

Dans les années 1970, on structure davantage la production, notamment avec la création d’un Bureau Technique en 1973. Dès lors, dans les Registres d’Établissage et plus tard dans certains catalogues, la référence du bracelet est ajoutée, lorsqu’il est en métal. La matière est également codifiée et incluse avant ou après la référence. Ainsi « ST » signifie acier, « BA » or jaune, « BC » or gris et « SA » correspond à une combinaison d’acier et d’or. Par exemple, 5002BA signifie que la montre 5002 est en or jaune. Ce système s’est enrichi jusqu’au XXIe siècle et compte des dizaines de références, dont les principales sont décrites en illustration.

Très attaché aux fabrications artisanales en petites séries, voire en exemplaires uniques, Audemars Piguet poursuit la création de centaines de modèles à une vitesse telle qu’au début des années 1980, un constat s’impose : avec des références à quatre chiffres, il ne sera pas possible de donner des numéros différents à chaque nouveau modèle. Jacques-Louis Audemars et Georges Golay qui dirigent alors l’entreprise, décident d’ajouter un cinquième chiffre. Le système est introduit en production à partir de 1984-85 et dès 1986 dans les catalogues. Toutes les nouvelles références comportent désormais 5 chiffres et les anciennes sont renommées. Ainsi, 5402 devient 25402, 8638 devient 78638, etc.

Plus tard baptisé « référence racine », ce code à 5 chiffres sert de base à l’élargissement et à l’affinement des numéros de modèles qui dès le début des années 2000, reçoivent peu à peu des codes additionnels informant sur le sertissage, la finition, la boucle, le bracelet, sa matière, et le cadran (voir tableau).

Abréviations des matières de boîtes
Depuis les années 1970, le numéro de modèle des montres Audemars Piguet est complété par l’indication de la matière (ou des matières) principales de sa boîte.

Code Matière Code Matière
AA Or vert OK Or rose / caoutchouc
AC Or jaune / or gris OL Or rose / Tantale
AG Argent OM Or rose / cermet
AE Alacrite OR Or rose
AI Alacrite / Titane OS carbone forgé / acier
AK Or jaune / caoutchouc PA Platine / or jaune
AL Aluminium PO Platine / céramique
AP Or jaune / platine PM Platine / cermet
AR Or jaune / or rose PR Platine / or rose
AU A partir de 3 matières PT Platine
BA Or jaune RA Or rose / or jaune
BC Or gris RC Or rose / or gris
CA Or gris / or jaune RO Or rose / céramique
CB Céramique blanche RP Or rose / platine
CE Céramique noire SA Acier / or jaune
CK Or gris / caoutchouc SB Acier traitement PVD bleu
CN Or gris / céramique SC Acier / or gris
CR Or gris / or rose SK Acier / caoutchouc
FC Fibres de carbone SN Acier avec traitement PVD noir
FO Carbone forgé / céramique SO Acier / carbone
FR Carbone / or rose SP Acier / platine
FS Carbone / acier SR Acier / or rose
IA Titane / or jaune ST Acier
IB Titane / acier PVD bleu TA Tantale / or jaune
IC Titane / or gris TI Titane
IK Titane / caoutchouc TK Tantale / Caoutchouc
IO Titane / céramique TL Tantale
IM Titane / cermet TP Tantale / platine
IP Titane / platine TR Tantale / Or rose
IR Titane / or rose TS Acier / tantale
IS Titane / acier TT Tantale / acier
LT Laiton ZI Sertissage Diamant blanc/saphir bleu
OI Or rose/Titane ZO Sertissage Diamant blanc/Onyx
OF Or rose/carbone forgé    

Structure des références de modèles Audemars Piguet.
Complétée progressivement des années 1950 au tournant du XXIe siècle, la référence des montres Audemars permet un premier décodage des principales composantes esthétiques de la montre.

Caractéristiques Ref racine
(4-5 chiffres)
Matière boite
(2 lettres)
terminaison
(2 lettres)
Boucle si cuir
(A ou D)
Bracelet
(Code couleur ou no modèle)
Matière bracelet
(2 lettres)
Cadran
(2 chiffres)
Exemple 1 15202 ST OO   944 ST 3
Description Royal Oak Acier Décoration standard   Bracelet RO Acier Cadran bleu
Exemple 2 15180 BC OO A 2 CR 1
Description Jules Audemars Or gris Décoration standard Boucle ardillon noir Cuir alligator Cadran argenté
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Le petit numéro Royal Oak

Lancée en 1972, la Royal Oak 5402ST marque une petite révolution dans le monde horloger. Son esthétique, son traitement hors norme de l’acier, sa capacité à conjuguer sport et artisanat, modernité et tradition, bouscule les codes de la Haute Horlogerie. À plus petite échelle, cette montre fait aussi évoluer le système de numérotation des montres Audemars Piguet. Pour exprimer la rareté et soutenir la valeur de ce modèle (le premier fabriqué en plus de 1 000 exemplaires identiques), la marque décide d’introduire pour lui le petit numéro Royal Oak, ou petit numéro de boîte, dont l’histoire est racontée dans un article dédié.

En quelques mots : le grand numéro de boîte migre à l’intérieur de l’habillage, laissant la place à un système alphanumérique composé d’une lettre suivie d’un numéro, destiné en premier lieu au propriétaire de la montre. Précurseur du concept d’éditions limitées, ce système numérote chaque modèle à partir de A1 jusqu’à A2000, puis B1000 à B2000, etc. De 1976 à la fin des années 2010, une version simplifiée sera adoptée pour toutes les Royal Oak.

1973. Brochure Royal Oak (extrait).

1973. Brochure Royal Oak (extrait). Le dépliant promotionnel de la Royal Oak édité en 1973 relève l'intérêt de la nouvelle numérotation. Archives Audemars Piguet.

Carrure-fond monocoque 5402, côté fond.

Carrure-fond monocoque 5402, côté fond. Ponctuée de huit trous, la forme octogonale arrondie du fond fait écho à celle de la lunette. La carrure tonneau est incurvée pour exprimer la finesse de la montre et préparer la chute du bracelet. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 365.

1972. Royal Oak 5402ST n° A26, côté fond.

1972. Royal Oak 5402ST n° A26, côté fond. Calibre 2121, mouvement 127059. Bracelet 344, cadran tapisserie T21. Boîte 39 mm 67026. Acier. Vendue à Gameo en 1972. Patrimoine Audemars Piguet, inv. 365.

1996. Royal Oak 15002ST, n° 92, côté fond.

1996. Royal Oak 15002ST, n° 92, côté fond. Date. Calibre 2121, mouvement 405930. Bracelet 944. Cadran tapisserie T21. Boîte 39 mm D67713. Acier. Vendue en 1996 à AP Fintime (Italie). Patrimoine Audemars Piguet, inv. 1964.

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Conclusion

Créé pour garantir la pérennité des montres, le système de numérotation développé par Audemars Piguet s’est étoffé depuis 1875 pour répondre aux mutations de la Manufacture, ainsi qu’aux besoins et aux techniques de son temps. La codification connaît sa plus importante refonte en 2017. Le système de numérotation des mouvements et des boîtes devient alors alphanumérique, chaque numéro étant désormais attribué de manière aléatoire.

Seule exception à cette refonte du système, le numéro de modèle demeure intouché, tant il est désormais ancré dans la culture d’entreprise, créant un langage à part entière partagé aussi bien dans les murs d’Audemars Piguet que dans la communauté des collectionneurs. À l’interne comme à l’externe, le degré d’initiation à la marque se mesure parfois à la capacité de dialoguer en ponctuant ses phrases de références de modèle. Êtes-vous plutôt 15202IP ou 26331BA ?

Rédaction : Equipe du Patrimoine Audemars Piguet, Le Brassus

Première publication : 14 Avril 2022

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